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 La libéralisation des échanges agricoles entre la Tunisie et l’Union Européenne :
Quels avantages pour l’économie tunisienne

Entamées depuis 2005 et après nombreux rounds, les négociations sur la libéralisation des échanges agricoles, agro-industriels et de la pêche entre la Tunisie et l’Union Européenne n’avancent pas. La raison de ce blocage, la sensibilité de ce secteur pour la Tunisie et à moindre degré pour la Communauté Européenne.

L’enjeu socio-économique est de taille pour la Tunisie. En effet, le secteur agricole emploie à lui seul environ 16% de la main d’œuvre active et contribue à hauteur de 12% au PIB national. Quant aux exportations agricoles, elles représentent 11% du total des exportations du pays. Le commerce tunisien est fortement concentré sur l’UE, principal client de notre pays. Les échanges de la Tunisie avec l’UE représentent plus de 80% du total des échanges. Cependant les échanges de l’UE avec la Tunisie ne représentent qu’un très faible pourcentage de la totalité des importations européennes. Ce qui rend l’aboutissement d’un accord équitable et symétrique entre les deux parties relativement difficile. D’un autre côté si on examine le contenu des échanges entre les deux parties, on remarquera que les importations de produits agricoles et alimentaires de la Tunisie sont principalement des céréales représentant plus de 40% des importations et autres produits de base, ce qui pose des questions en matière de sécurité alimentaire. Quant à ses exportations, elles sont plutôt des fruits et légumes. Ces produits qui affronteront par ailleurs une concurrence féroce devant les produits européens et des pays sud méditerranéens à savoir le Maroc ou l’Egypte. Ces derniers ont déjà signé l’accord de libéralisation des produits agricoles et ont probablement déjà gagné du terrain sur le marché européen. Sans oublier la concurrence de nos produits locaux sur le marché interne face à des produits européens très concurrentiels et très subventionnés. La Tunisie se soucie principalement du coût social de la libéralisation d’un secteur agricole encore fragile et devant une Union Européenne qui ne semble pas vouloir céder à ses exigences.

L’état actuel des échanges agricoles tuniso-européens
L’Accord d’Association conclu, en 1995, entre la Tunisie et l’UE permet à la Tunisie d’exporter ses produits agricoles sans tarifs, sans quotas, sans droits de douanes, sans prix d’entrée et sans calendrier vers le marché communautaire. Mais on n’est pas arrivé jusque là.
Actuellement et selon le bureau des affaires commerciales au sein de la Délégation de l’Union Européenne, les produits agricoles exportés par la Tunisie vers l’UE obéissent à la politique des quotas et suivant.

Un calendrier imposé par l’UE. La Tunisie ne peut exporter ses produits qu’au moment où il n’y a pas de production dans les pays européens. Une fois que la saison arrive en Europe, l’UE impose aux produits tunisiens des barrières tarifaires et des frais douaniers. Ces barrières sont un moyen de pression utilisé par l’UE lorsqu’elle n’a pas besoin de nos produits, a déclaré M. Youssef Kachouti, membre du bureau exécutif de l’UTAP et chargé de la pré-production. Les principaux produits agricoles et agro-alimentaires exportés par la Tunisie vers l’UE sont notamment l’huile d’olive, les dattes, les oranges douces fraîches, les tomates, le sel, le blé dur, les pizzas, les plantes médicinales, les pastèques fraîches, les préparations pour sauces, les huiles essentielles, les escargots, les laitues, les vins de raisin frais et eaux minérales. Quant aux produits de la pêche exportés par la Tunisie vers l’UE, ils sont en franchise de droits de douane et de quotas à l’exception de 3 lignes tarifaires concernant les sardines en conserve. Les principaux produits de la pêche exportés par la Tunisie vers l’UE sont les crevettes, seiches, poulpes et pieuvres. Pour l’importation de produits bio dans l’UE, en juin 2009, l’UE a-t-elle accrédité la Tunisie en tant que pays producteur bio, c’est-à-dire reconnu comme ayant une législation équivalente. Pour le côté européen, seule une toute petite partie des exportations européennes de produits de la pêche en Tunisie est libéralisée, c’est un exemple d’asymétrie tarifaire: L’UE reconnaît que la Tunisie est un pays émergent et en transition vers une économie libérale. La seule chose que l’UE peut faire c’est qu’elle démantèle ses tarifs immédiatement et laisse une période de transition à la Tunisie pour s’adapter.

Les négociations traînent
Avant la libéralisation totale, la Tunisie n’a pas su profiter totalement de ses quotas et ce à cause principalement des aléas climatiques qui rendent la production agricole irrégulière. Le calendrier et les quotas imposés par les Européens ralentissent les exportations tunisiennes. Actuellement la Tunisie est en accord avec l’UE sur le principe de libéraliser certains produits tandis que pour d’autres les négociations sont relativement difficiles. Le 23 juin 2010, lors d’un nouveau round, les deux parties tunisiennes et européennes ont présenté chacune deux listes. Une liste négative et une liste positive. Les deux parties ont échangé leurs listes afin de les étudier. Au niveau des négociations entre la Tunisie et l’UE, il faut surtout se méfier.

Des apparences, soit l’Europe tout puissant face à une Tunisie sur la défensive. M. Benoît Lefort, Premier secrétaire des affaires commerciales au sein de la Délégation européenne a précisé que les deux parties ont des positions fortes et la Tunisie est aussi à l’offensive sur certains produits. Pour les produits dits sensibles et cités dans la liste négative, l’UE a accepté de donner des périodes de transition et d’adaptation jusqu’à 15 ans qui laisseront aux opérateurs tunisiens s’adapter à la concurrence, de recevoir des transferts de technologie et de savoir-faire européens. La Tunisie n’est pas prête de tomber dans la précipitation. Elle veut que la libéralisation des échanges des produits agricoles se fasse progressivement et prendra en considération multiples facteurs. La crise économique, le réchauffement climatique, la fragilité du secteur agricole dont la compétitivité et la productivité obligent la Tunisie à réfléchir deux fois avant de prendre des décisions. Devant cette conjoncture, «on manque de visibilité sur l’avenir du secteur agricole», a remarqué M. Kachouti. Sur ce la Tunisie a déterminé cette liste négative contenant des produits sensibles qui seront exclus de la libéralisation au moins dans les 15 années à venir. Les céréales, la viande ou le lait font partie de cette liste. Par ailleurs, un élément que la Tunisie trouve important c’est que l’UE doit prendre en considération ses écarts de développement agricole par rapport à la Tunisie. Bien que d’autres secteurs aient réalisé des progrès considérables avec la libéralisation, notamment le secteur industriel, le secteur agricole dans sa situation actuelle ne pourra pas réaliser le même succès. Des contraintes structurelles importantes subsistent dans le secteur agricole et nécessitent une mise à niveau et une aide de l’UE, a déploré M. Youssef Kachouti.
Avant de libéraliser le marché, la Tunisie doit mettre à niveau le secteur agricole pour que les produits tunisiens puissent concurrencer sur le marché intérieur ou extérieur. Cette mise à niveau permettra de maintenir les emplois agricoles et d’assurer une sécurité alimentaire du pays car le secteur agricole demeure un moteur de stabilité du pays. L’UE investit près de 45 milliards d’Euros dans le secteur agricole. Lors de l’introduction des pays de l’Europe de l’Est à l’UE, des mesures de soutien se sont engagées pour l’agriculture dans ses pays. La libéralisation des échanges agricoles entre la Tunisie et l’UE fait partie d’une politique de l’union euro-méditerranéenne. Ce qui implique une contribution de l’UE pour soutenir l’agriculture tunisienne afin qu’elle puisse rattraper le peloton des pays européens. M. Kachouti a signalé que le secteur agricole commencera son programme de mise à niveau dont le coût est estimé à 25 millions de dinars. Cette mise à niveau permettra entre autres de consolider la recherche scientifique et adopter la production agricole aux aléas climatiques. La Tunisie attend toujours une contribution de l’UE pour la mise à niveau du secteur agricole. Ceci dit, ce retard de négociation entre les deux parties a permis à la Tunisie d’explorer d’autres marchés outre le marché communautaire notamment le marché chinois et celui d’Afrique. Aujourd’hui environ 2.000 agriculteurs espagnols, touchés par la crise économique ont manifesté contre l’accord de libéralisation des échanges agricoles entre le Maroc et l’UE. D’un autre côté des statistiques ont révélé qu’en France le revenu agricole a baissé de 34% durant la seule année 2009. Signé en 2009, l’accord entre le Maroc et l’UE peine lui aussi à se mettre en oeuvre. L’expérience marocaine nous éclairera-t-elle peut-être plus la situation ?
Publié le : 07/01/2011 | Source : Réalités | Lu : 471 fois | Imprimer
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